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La coopérative d’activités : entrepreneur-salarié, ça vous dit ?

02 décembre 2015 Mis à jour le 29 février 2016 Par
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Travail en coopération

Coopérative d’activité et d’emplois (CAE), coopérative d’entrepreneurs, coopérative d’entreprises... Quel que soit son nom, elle désigne un regroupement économique solidaire de plusieurs entrepreneurs, qui mutualisent leurs moyens et leur réseau. Proche du dispositif du portage salarial, la solidarité en plus, la coopérative gère votre comptabilité et vos déclarations sociales en échange d’une commission de 10% sur votre chiffre d’affaires.

Question : pourquoi aller verser une partie de vos balbutiants revenus à une structure de ce type ?

La coopérative d’activités : un accompagnement pour ceux qui ont déjà trouvé leur voie

Vous arrivez dans la coopérative en ayant déjà défini votre projet et le savoir-faire sur lequel vous souhaitez capitaliser : jardinier, graphiste, consultant, formateur, architecte d’intérieur, créateur, ...

Contrat d’appui ou entrepreneur salarié

Les coopératives sont parmi les structures autorisées à proposer le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE). Il permet d’accompagner des indépendants qui ont besoin de tester leur activité. D’une durée d’un an, il est reconductible 2 fois. Au bout de 3 ans maximum, vous sautez dans le grain bain en créant votre structure propre !
Mais vous pouvez aussi choisir de rester dans la coopérative en signant un contrat d’entrepreneur salarié. Certaines coopératives préfèrent miser sur une relation pérenne pour l’économie de la coopérative : demandez-leur, avant de signer le CAPE, si elles espèrent vous garder dans leur giron.
De votre côté, si vous pensez quitter la structure au terme du CAPE pour être totalement liiiiibre, choisissez une coopérative pour qui ce n’est pas problématique ou optez pour une couveuse d’entreprises !

A savoir

Toutes les activités ne sont pas éligibles à l’entrée dans une coopérative. Votre activité doit être « assurable ». Si votre activité nécessite la souscription d’une garantie décennale (architecte par exemple), il vous faudra identifier la coopérative de votre région qui y a souscrit et regroupe les entrepreneurs de votre domaine.

Comment fonctionne la coopérative d’activités et d’emplois ?

La valeur ajoutée de la structure s’organise en trois volets :

  • un accompagnement individualisé, à la régularité souhaitée, qui peut œuvrer comme une forme de coaching : conseil sur l’évolution de l’offre, les réseaux à intégrer, les jalons à poser, les tarifs à pratiquer, ...
  • la gestion de votre trésorerie et de votre facturation : la coopérative facture pour votre compte, stocke votre trésorerie, assure votre suivi comptable, rembourse vos frais sur justificatifs et vous aide à déterminer le salaire que vous vous versez suivant l’évolution de votre activité.
    • Petit conseil : au début de votre activité, si votre chiffre d’affaires ne vous permet pas de vous verser un salaire, vous pouvez commencer par vous rembourser vos frais. Tant que votre fiche de paye reste à 0€, et même si la coopérative facture vos clients, vous continuez à percevoir vos allocations chômage.
  • des modules de formations sur des thématiques autant comptables que juridiques ou commerciales.

Certaines coopératives mettent aussi à disposition de leurs entrepreneurs des salles de réunion ou des bureaux de passage, voire de petits espaces de coworking suivant la taille de leurs locaux.

La contrepartie de cet accompagnement, ce sont les 10% prélevés sur votre chiffre d’affaires HT.

La coopérative d’entrepreneurs : lieu de réseau et d’échange, voire d’engagement

La coopérative constitue un cercle de choix. Elle permet à l’entrepreneur de rencontrer des indépendants du même domaine d’activité. Les réunions réseau ou les formations internes pourront lui permettre de rencontrer de futurs prescripteurs, des clients, des prestataires, ou encore de privilégier l’échange de service.

Exemple : « Je te fais ton logo et tu rédiges mon site ! » ou « Je taille ta haie et tu m’expliques comment prospecter utile ! ».

Au bout de quelques années, certains entrepreneurs décident de devenir associés de la coopérative et de participer activement à sa gestion et son développement. Une aventure humaine supplémentaire, au service d’une petite communauté de pairs !

Ce fonctionnement plaira également aux entrepreneurs engagés qui souhaitent mettre le pied dans l’économie sociale et solidaire (ESS).

Alors, l’entrepreneur salarié ... roi du pétrole ?

On peut se poser la question. Après tout :

  • il est à son compte,
  • il développe son activité (prospection, contractualisation) comme il l’entend,
  • il n’a pas à se préoccuper de déclaration de TVA et autres déclarations fiscales,
  • il bénéficie du régime social général,
  • et il bénéfice des avantages de l’entreprise, comme la déduction de ses frais professionnels au réel !

La coopérative prélève 10% de ce qu’il facture mais finalement, dans la limite d’un certain chiffre d’affaires, cela équivaut au coût annuel d’un comptable.

Par-dessus le marché, l’entrepreneur salarié reçoit une fiche de paye à la fin du mois. Son statut d’assimilé salarié l’oblige à cotiser au même titre qu’un employeur (charges patronales) en plus de ses charges salariales. Mais il bénéficie ainsi du régime social général (évitant les affres du RSI !), contrairement à la protection très amoindrie des Travailleurs Non Salariés (TNS) que sont les autoentrepreneurs et autres dirigeants d’entreprise individuelle ou d’EURL.

 

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Même si vous gardez principalement un statut d’entrepreneur, le sésame de la fiche de paye pourra rassurer plus d’un banquier au moment de demander à bénéficier d’un prêt – par exemple pour l’achat de votre appartement ou maison.

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